30-mai-2020
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HISTOIRE DES CARRIÈRES

Bienvenue dans la section histoire. Accordez vous un peu de temps pour découvrir l'histoire des carrières et catacombes de Paris. Nous passerons en revue ici divers aspects de cette histoire riche en événements et en parallèles avec l'histoire plus "conventionnelle" de Paris.



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Les informations de cette rubrique sont extraites de divers ouvrages traitant des souterrains et de l'histoire de Paris. Certains articles sont basés sur l'observation personnelle ainsi que sur de la documentation propre.

BIBLIOGRAPHIE

Si vous souhaitez vous documenter d'avantage nous vous conseillons les ouvrages qui suivent.


PARIS SOUTERRAIN de E. Gerards (Ed. Sides)
Cet ouvrage écrit au début du siècle est et reste la référence absolue. Indispensable et de plus en plus difficile à trouver.

A LA DECOUVERTE DES SOUTERRAINS DE PARIS de P. Saletta (Ed. Sides)
Cet ouvrage est en quelques sorte l'ancetre de l'Atlas du Paris souterrain cependant le texte est plus riche et plus instructif. A lire.

L'ATLAS DU PARIS SOUTERRAIN de A. Clement et G. Thomas (Ed. Parigrammes)
Il s'agit d'un magnifique album d'images avec quelques précisions et infos utiles.

LES SOUTERRAINS DE PARIS de M. Viré
(Ed. Nord Patrimoine Editions)
Pourquoi celui ci? Parce qu’il n’est pas cher et que c'est un bon ouvrage pour commencer à se documenter.

Si vous avez des remarques à faire, si vous constatez des informations erronées ou si vous voulez poser une petite question :

> contact@catacombes.info

L'INSPECTION GENERALE DES CARRIERES

Le 17 décembre 1774, se produisit rue d'Enfer (à la hauteur de l'actuel boulevard St Michel) un impressionnant effondrement en carrière. La population ainsi que les autorités prirent alors conscience du risque sommeillant sous leurs pieds. Le Conseil du roi commande alors plusieures études sur l'état du sous-sol de la capitale (plus précisément sur l'étendue des vides menaçant les voies publiques). Les conclusions furent si alarmantes que le conseil décida la mise en place au plus vite d'une institution chargée de la cartographie du sous-sol parisien.

Le 4 avril 1777, l'inspection des carrières fût crée par décret du roi Louis XVI. C'est Charles Axel Guillaumot, architecte du roi, qui fut mis à la tête de cet organisme le 27 avril 1777 (le même jour un autre effondrement avait lieu rue d'Enfer!)

Arrêt du Roi annoncant la création de l'IDC

La mission de l'Inspection Des Carrières (IDC) est alors de répertorier et de consolider les vides des carrières parisiennes. Dans un premier temps, deux équipes sont crées, l'une chargée d'explorer et de creuser des galeries à la recherche des anciens vides oubliés, l'autre chargée de consolider ceux dans le plus mauvais état (sous les domaines du roi bien sur : les voies publiques). Dès qu'un vide est repéré, il est cartographié puis consolidé. Petit à petit la doublure souterraine de Paris se dessine, au fur et à mesure que les plans de travaux sont mis bout à bout.

A cette époque déjà, le propriétaire d'un terrain l'est aussi de son sous-sol, l'inspection des carrières, organisme d'état, se charge uniquement de la consolidation des vides sous la voie publique (domaine du roi). Sous les rues des galeries d'inspection sont aménagées dans les bourrages des anciennes carrières, dans certains cas les galeries sont creusées dans la masse de calcaire. De part et d'autre de ces galeries les carrières dangereuses sont remblayées avec des déchets d'exploitation ainsi qu'avec de la terre rapportée, les carrières encore stables seront laissées en l'état.

Pendant 200 ans, les équipes de l'Inspection Générale des carrières (IGC) vont faire de ces vides un des plus grands ensembles architecturaux de France.

Guillaumot, qui possédait déjà une solide expérience dans la consolidation des vides souterrains, posa les principes des opérations de confortation.

La création de l'IGC mit fin à l'exploitation des carrières souterraines dans Paris (Interdiction de creuser des carrières passant sous une voie publique ou à proximité immédiate de celle-ci).

Après un an et demi de fonctionnement, on reprocha à Guillaumot le coût de ses travaux de consolidation et surtout le fait que ceux ci n'étaient pas toujours exécutés sous la voie publique. Dès 1779 Guillaumot adopta un système de confortation répondant a un vrai plan d'urbanisme souterrain. Dorénavant on ne suivait plus les galeries héritées des carriers, on ne se contentait plus des vides connus ou trouvés. Les équipes de l'IGC établissaient des voies publiques souterraines, sous celles de la surface.

L'IGC forait deux galeries parallèles, courant à la verticale des façades des maisons, donnant ainsi aux propriétaires privés (responsables des confortations sous leurs bâtiments) accès à leurs terrains sous minés. Ces galeries principales étaient entrecoupées par des galeries transversales et l'espace intermédiaire systématiquement remblayé. Des plaques de rue étaient posées dans chaque galerie, ces plaques indiquaient le nom de la rue en surface ainsi que l'orientation ("couchant" pour "ouest", "levant" pour "est", "midi" pour "sud" et "nord").

Lorsqu'une galerie atteignait le front de taille (le front de taille est l'atelier ou travaillaient les carriers à l'extraction de la pierre) en général l'IGC continuait a percer la masse de pierre inexploitée. De cette manière d'autres carrières furent localisées derrière les masses de pierre restées en place.

Dès le début de l'activité de l'IGC, Guillaumot repartit le travail selon 3 branches : la première "Fouilles et terrasses" perçait les remblais d'exploitation afin de tracer les galeries de service sous chaque côté de rue (pour le percement de la masse calcaire il était fait appel à des ouvriers carriers extérieurs), la seconde branche : celle des "Maçonneries", construisait les piliers de confortation, enfin, la troisième branche était chargée de lever les plans à l'échelle 1/216ème. De tous ces travailleurs souterrains, seuls les ouvriers n'appartenaient pas à l'IGC mais à des sociétés privées extérieures. En 1810, n'ayant pas changée (le travail était toujours organisé de la même manière) les ouvriers furent établis comme personnel de 'Administration.

Le travail était reparti en ateliers, entre 1779 et 1800 on trouvait sous Paris : atelier du Muséum (ex : Jardin du roi), du Faubourg Saint Marceau, de la rue Saint-Jacques et du Val de Grâce, de Saint-germain, de la rue d'Enfer, des Chartreux. On trouvait également des ateliers à l'extérieur de Paris comme celui de l'aqueduc d'Arcueil, des routes de Fontainebleau et de Choisy, de la route d’Orléans.

Une fois les galeries de service percées dans le remblai elles étaient bordées de longs piliers maçonnés soutenant le ciel de la carrière. Ces piliers portaient une indication de la consolidation, le format habituel était : un numéro d'ordre dans l'atelier, l'initiale de l'inspecteur général (G pour Guillaumot) ainsi que l'année de construction. Ce format fût conservé jusqu'au début du XXe siècle.

Ces inscriptions permettent d'une part de retracer l'histoire des carrières mais aussi celle de l'IGC. Ainsi en 1791, à la suite d'une histoire avec un ouvrier jaloux, Guillaumot fût relégué à la surveillance des travaux en banlieue et remplacé par son rival, l'inspecteur Duchemin. Ce dernier signait les travaux effectués sous sa supervision de la lettre D. En 1792, Demoustier, ingénieur spécialiste des ponts, le remplaça, signant du chiffre 2. De 1793 à 1795 ce fût l'ingénieur Hydraulicien Bralle signant de la lettre B. Vers 1796 Guillaumot fit son retour à la tête de l'Inspection Générale des carrières et y resta jusqu'en 1807, date de sa mort. Une commission de 3 Ingénieurs exécuta les travaux en 1808 et 1809.

Voici un exemple d'indication de consolidation, notez le HT, signature d'Héricard de Thury

Durant cette époque la révolution marqua également les carrières. La déchristianisation fit ainsi perdre à de nombreuses rues le mot "Saint" (Par la suite l'abréviation "St" fût regravée ou ajoutée). Les plaques indiquant les numéros des maisons surmontées d'une fleur de lys ont été supprimées ou bûchées. Les fleurs de lys furent remplacées par des étoiles sur ce type de plaques. De même de 1793 à 1805 le calendrier républicain fût adopté pour la datation des indications des consolidation (ainsi l'année 1792 était l'an I de la république et 1805 était l'an XIII).

Sous le premier empire de nouvelles rues furent percées, l'inspection réalisa les recherches et confortations au cous même de ces percements. Ainsi la rue de l'Ouest (actuelle rue d'Assas) fût ouverte en 1809. Les recherches furent également menées cette même année dans les anciennes carrières des chartreux, toutes proches de la rue d'Assas. Les travaux dans cette région demandèrent 10 ans de travaux, de 1814 à 1824, en effet l'essentiel de la rue repose sur une masse calcaire non exploitée. Les ingénieurs procédèrent par galerie de sondage sur parfois 400 m de long (galerie taillée dans la masse de calcaire). L’organisation des travaux est bien visible grâce aux inscriptions au crayon et aux traces d’outils. Deux équipes marchaient face à face avec une progression d’environ 3 à 5 m par mois.

En 1809, Louis Héricart de Thury fût nommé à la tête de l'Inspection Générale des Carrières. Il conserva l'organisation des travaux établie par son prédécesseur et l'amplifia avec zele. A cette même époque, les conducteurs de travaux ou chefs d'atelier construisirent les cabinets minéralogiques, dans le même temps ils établirent des puits à eau, escaliers d'accès à la nappe phréatique et placèrent des mires graduées afin de mesurer les fluctuations de la nappe phréatique. L'exécution des galeries faisait l'objet d'un grand soin durant cette époque. C’est egalement Héricart de Thury qui créa le cadre monumental des catacombes.

Louis Héricard de Thury

En 1830 l'ingénieur Trémery, un ancien du service depuis Guillaumot, succède à Héricart de Thury. Le soin qu'il apporte aux travaux atteint son plus haut degré de perfection, les consolidations de son mandat sont reconnaissables au premier coup d'oeil de par leur qualité esthétique ainsi que par le soin apporté au moindre détail.
Son successeur, l'ingénieur des Mines, Junker (ou Juncher) en 1845, modifia le système de consolidation en supprimant la coûteuse méthode de la double galerie. Une galerie unique était percée, soutenant l'égout construit dans le même temps. Ce nouveau système resta en vigueur jusqu'au XX eme siècle.

Après 1870 on ne construisit plus de galeries de service mais une file de piliers à partir d'une galerie ouverte dans les bourrages et remblayée au fur et à mesure de l'exécution des travaux.
L'une des plus grandes oeuvres de consolidation fur menée sous les réservoirs de la Vanne dans le 14 eme arrondissement de Paris entre 1868 et 1874. 2000 piliers furent construits dans les carrières exactement à l'aplomb de ceux des réservoirs.

La technique des galeries de service fût employée une dernière fois lors de la construction des lignes 2, 4 et 5 du métropolitain vers 1903.
Plus récemment les dernières confortations furent réalisées récemment avec la nouvelle ligne de métro Méteor (ligne 14), le souterrain sous la rue de Tolbiac passe sous les carrières.

Aujourd'hui ce sont environ 300 Km de galeries qui passent sous les rues et boulevards parisiens. Afin d'accéder à celles-ci l'IGC avait aménagé 276 entrées par puits de service et escaliers. Un faible nombre des ces accès ont été conservés par les services de la ville.

LES INSPECTEURS DES CARRIÈRES DE 1777 À 1907
 
Nom
Dates
Indic. de Conso. (ex)
*Dupont
1776 - 1777
C.A. Guillaumot 1777 - 1791 1 G 1777
Duchemin 1791 - 1792 3 D 1792
Demoustier 1792 - 1793 5 . 2 . IIR
Bralle 1793 - 1795 8 B IIIR
C.A. Guillaumot
1796 - 1807
4 G 1806
**Commission
1807 - 1809
3 Cmon 1808
Héricart de Thury 
1809 - 1831
9 HT 1817
Trémery 
1831 - 1842
4 T 1835
Juncher 
1842 - 1851
12 J 1848
Lorieux
1851 - 1856
3 L 1853
Blavier 1856 - 1858 8 B 1858
de Hennezel 1858 - 1865 42 H 1863
du Souich 1865 - 1866  
de Fourcy 1866 - 1870 5 F 1868
Jacquot
1870 - 1871
30 E.J 1870
***Lantillon 1871  
Jacquot 1871 - 1872 3 E.J 1872
Descottes 1872 - 1875  
Tournaire 1875 - 1878 T 1876
Gentil 1878 - 1879  
Roger 1879 - 1885 3 R 1880
Keller 1885 - 1896 3 K (ou K 1889)
Wickersheimer 1896 - 1907 2 W 1896
Weiss 1907  

*Dupont était inspecteur des carrières chargé par le Bureau des Finances de travaux de consolidation dans les carrières de Paris. Cela avant la création de l'Inspection Générale des Carrières. La rivalité avec Guillaumot qui, en quelque sorte, hérita de sa fonction est une longue et complexe histoire qui aboutit à l'écartement de Guillaumot de sont poste d'inspecteur général des carrières en 1791.

**Commission : entre 1807 et 1809 la direction des travaux de l'Inspection générale des Carrières fût confiée à 3 ingénieurs. Cela explique l'adoption de "Cmon" pour "Commission" comme signature des travaux.

***Lantillon fut inspecteur général des carrières durant la commune de Paris.

Cette liste est basée sur l'ouvrage "Paris Souterrain" d'E. Gerards écrit en 1908. Par conséquent la liste ne couvre pas la période postérieure.

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