26-octobre-2020
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HISTOIRE DES CARRIÈRES

Bienvenue dans la section histoire. Accordez vous un peu de temps pour découvrir l'histoire des carrières et catacombes de Paris. Nous passerons en revue ici divers aspects de cette histoire riche en événements et en parallèles avec l'histoire plus "conventionnelle" de Paris.



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Les informations de cette rubrique sont extraites de divers ouvrages traitant des souterrains et de l'histoire de Paris. Certains articles sont basés sur l'observation personnelle ainsi que sur de la documentation propre.

BIBLIOGRAPHIE

Si vous souhaitez vous documenter d'avantage nous vous conseillons les ouvrages qui suivent.


PARIS SOUTERRAIN de E. Gerards (Ed. Sides)
Cet ouvrage écrit au début du siècle est et reste la référence absolue. Indispensable et de plus en plus difficile à trouver.

A LA DECOUVERTE DES SOUTERRAINS DE PARIS de P. Saletta (Ed. Sides)
Cet ouvrage est en quelques sorte l'ancetre de l'Atlas du Paris souterrain cependant le texte est plus riche et plus instructif. A lire.

L'ATLAS DU PARIS SOUTERRAIN de A. Clement et G. Thomas (Ed. Parigrammes)
Il s'agit d'un magnifique album d'images avec quelques précisions et infos utiles.

LES SOUTERRAINS DE PARIS de M. Viré
(Ed. Nord Patrimoine Editions)
Pourquoi celui ci? Parce qu’il n’est pas cher et que c'est un bon ouvrage pour commencer à se documenter.

Si vous avez des remarques à faire, si vous constatez des informations erronées ou si vous voulez poser une petite question :

> contact@catacombes.info

LES LÉGENDES ET HISTOIRES DES CARRIÈRES

Diverses légendes se sont emparées de ces lieux mystérieux que sont les carrières, lieux inaccessibles à la majorité des parisiens, les histoires et mythes populaires ont traversé les siècles pour leur forger une réputation plus ou moins occulte.
Je vais vous exposer ici quelques unes des légendes des carrières ainsi que les faits historiques marquants de ces lieux.

LE DIABLE DANS LES CARRIÈRES

Comme tout le monde le sait, le diable préfère les endroits sombres à la lumière. De nos jours encore sa légende hante les galeries et carrières abandonnés de paris sous la forme de vieilles histoires ou de mises en scènes macabres et grotesques (qui a parlé de messes noires?...).

Durant le Moyen-Âge, période d'exploitation des carrières, la foi en dieu n'allait pas sans la peur du diable. Les parisiens assimilaient alors les visiteurs nocturnes des carrières, brigands de tout poil à une présence démoniaque. La première apparition du diable eut lieu au château Vauvert (se situant à l'actuel emplacement du jardin du Luxembourg), construit par Robert le Pieux (996-1031), roi excommunié pour avoir épousé une cousine. En cette période trouble pour la foi aux alentours de l'an Mil la légende s'est emparé de cette demeure. Une centaine d'années plus tard c'était une ruine maudite et soit disant hantée en bord de Paris, refuge pour les brigands, ce fut facile pour eux d'entretenir le mythe du diable pour éloigner les curieux."Les bourgeois racontaient qu'elle était hantée par la toute-puissance de Satan. Les loups hurlaient, des plaintes lugubres montaient le long des murailles, le vieux château s'embrasait au milieu des colonnes de fumée". Les gens craignaient de passer à proximité et si bien que le chemin passant à coté de du château Vauvert prit le nom de "Via Inferna" ou Voie d'Enfer. Au XIIIe siècle Louis XI fit don de ces terres à l'ordre des Chartreux qui s'empressèrent de chasser toute présence satanique hors du lieu.

Une expression est restée dans le langage populaire : -"allez au diable Vauvert!" contractée en -"allez au diable Vert!" ou -"allez au diable!".
(Voir aussi l'historique du couvent des Chartreux pour plus de précisions).

LES MONTREURS DE DIABLE

Au début du XVIIe siècle, le sieur César fut embastillé pour avoir montré le diable dans les carrières près de l'hôpital Sainte-Anne moyennant finance à de crédules contemporains. Voici le récit de ses aveux :
"J'entre le premier dans la caverne; puis, avant de passer outre, je fais des cercles, des fulminations, des invocations, et récite quelque discours composés de mots barbares; lesquels je n'ai pas plutôt prononcés que le sot curieux et moi entendons remuer de grosses chaînes de fer et gronder de gros mâtins (...). Je m'avance plus avant en marmonnant quelques effroyables paroles. Etant arrivé à un endroit que je connais, je redouble mes invocations et fais des cris comme si j'étais entré en fureur. Incontinent, six hommes que je fais tenir dans cette caverne, jettent des flammes de poix résine devant, à droite et à gauche de nous. A travers les flammes, je fais voir à mon curieux un grand bouc chargé de grosses chaînes de fer peintes en vermillon comme si elles étaient enflammées. A droite et à gauche, il y a de gros mâtins à qui on a mis la tête dans de longs instruments de bois, larges par le haut, fort étroits par le bout. A mesure que ces hommes les piquent, ils hurlent tant qu'ils peuvent, et ce hurlement retentit de telle façon dans les instruments ou ils ont la tête, qu'il en sort un bruit si épouvantable dans cette caverne, que certes les cheveux m'en dressent à moi-même d'horreur, quoique je sache bien ce que c'est."

Un siècle plus tard un certain sieur Delafosse fit de même dans les carrières de gypse de Montmartre, il finit également en prison.

LA LÉGENDE DE L'HOMME VERT

Une légende circulait parmi les carriers vers 1777, au début du travail de consolidation de l'IDC.
Certains auraient aperçu un Homme Vert, bondissant avec agilité dans les galeries, échappant toujours à ses poursuivants et portant malheur dans l'année à celui qui le découvrait. Des traces de pieds nus auraient été vues au sol. Ce diable fantôme, ayant une queue, des cornes et des pieds de bouc, sortait parfois d'un puits ou d'une cave selon les témoins. Pour les bourgeois crédules la fuite était alors la seule issue possible. Ce mythe est encore présent parmi la population cataphile et il n'est pas rare, lorsqu'on est seul ou en petit groupe à déambuler dans les galeries de sentir une présence...mais lorsqu'on se retourne il n'y a plus rien...

PHILIBERT ASPAIRT

Cet homme n'est pas un mythe mais bien une réalité, considéré par certains comme le premier cataphile, il était un simple portier du Val-de-Grâce. Le 3 novembre 1793, alors que la Terreur bat son plein dans Paris, il profite de l'agitation pour se glisser dans les carrières situées sous le Val-De-Grâce. Il à pour ambition de rejoindre par cette voie discrète le caveau des Chartreux, qui comme tout le monde le sait sert alors à entreposer de la liqueur, la Chartreuse, qui a fait la réputation de cet ordre. Sur de son coup il avance à l'aide d'une chandelle vers le caveau distant de quelques centaines de mètres selon ses calculs, mais voila, c'est plus difficile de s'orienter dans le dédale du Val-de-Grâce qu'il n'y aurait pensé. Il se rend compte de son erreur, veut rebrousser chemin mais il trébuche, sa chandelle s'éteint et il se retrouve seul, perdu, dans le noir, sans que personne n'ait eu connaissance de son expédition. Les ouvriers de L'IGC ont découvert son corps 11 ans après, le 30 avril 1804. Ils ont pu l'identifier grâce à son trousseau de clés. Son corps fut Inhumé sur place et un monument à sa mémoire fut érigé. Il est encore visible de nos jours et on peut y lire l'inscription suivante "A la mémoire de Philibert Aspairt perdu dans cette carrière le 3 novembre 1793, retrouvé 11 ans après et inhumé en la même place le 30 avril 1804". L'ironie de son sort est qu'il est mort à quelques mètres des souterrains des Chartreux.

LA CYBELLE

Cybelle, si belle mais si inquiétante, déesse de la terre, fille du ciel, épouse de saturne, mère de Jupiter, de Junon, de Neptune, de Pluton symbolisait l'énergie enfermée dans la terre, symbole de la fécondité, la déesse mère. Les voyants et autres diseurs de bonne aventure ont profité des qualités occultes des carrières de Paris pour des mises en scène théâtrales nécessaires à leur "art". Une mystérieuse Cybelle était censée occuper des ateliers abandonnés d'une carrière située sous le lac Montsouris. La légende de cette Femme habitant au font des carrières obscures et humides frappa longtemps les esprits populaires.

LES BANDITS DANS LES CARRIÈRES

La nuit tombée et les carriers partis, les brigands prennent possession des lieux. Deux arrêts du parlement sont promulgués pour mettre un terme à ce phénomène, le premier en mai 1548 donne l'ordre aux habitants du Faubourg St-Jacques d'organiser un guet sur la route d'Orléans (rue de la Tombe-Issoire, Faubourg-St-Jacques) afin de tenter de chasser les brigands de ce lieu. Le second en 1563 donne l'ordre aux carriers de fermer l'accès aux carrières pendant la nuit, cependant à la fin du XVIIe siècle la situation n'a pas évolué.

L'abord des carrières était également un lieu propice au braconnage, les carriers chassaient le lapin dans les alentours des carrières. La chasse étant un privilège royal et accordé aux seigneurs par le roi, ces carriers étaient dans l'illégalité la plus totale.

La contrebande était une activité assez développée aux abords et grâce aux carrières. Il était relativement aisé de faire rentrer des marchandises en fraude dans Paris en passant sous les barrières d'octroi par la voie des carrières. En 1706, le lieutenant de police, monsieur d'Argenson fit fermer tous les cabarets des maisons situées aux portes de Paris. En effet ils étaient presque tous bâtis au dessus des anciennes carrières et les contrebandiers profitaient des accès par les caves de ces cabarets pour pénétrer en fraude dans Paris. Au moment de la construction des murs d'octroi au XVIIIe siècle on éleva dans les galeries des murs de fraude servant à bloquer les passages en fraude. Toutes ces mesures ne découragèrent pas les contrebandiers qui allèrent jusqu'a creuser des galeries entre le sol et le ciel des carrières, dans les marnes et caillasses instables au péril de leurs vies.

L'HOMME SANS TÊTE

En 1867, lors de la consolidation du bd Arago, des ouvriers, en pénétrant dans une petite galerie basse, qui n'avait guère plus de 80 centimètres de hauteur et qui aboutissait à un puits à eau, situé près de l'ancienne impasse Longue-Avoine, découvrirent un squelette humain, sans trace de vêtements et, à côté, un squelette de chien. L'homme avait eu la tête coupée ; elle gisait à 6 mètres environ du corps. La galerie dans laquelle on trouva ces restes n'avait pas d'issue ; elle était fermée, d'un côté, par d'anciens remblais de carrière, et de l'autre, par la maçonnerie du puits qui avait été refaite dans le but d'emmurer les cadavres. Quel drame s'était-il passé là?

L'hypothèse d'un crime fut naturellement envisagée et parut la plus admissible, d'autre part, on rappela qu'à peu de distance de là, sur la place Saint-Jacques, on avait autrefois et à de nombreuses reprises dressé la guillotine. (...)

Quoi qu'il en fût, l'enquête n'aboutit point. Elle faillit seulement avoir un résultat désastreux pour le commissaire de police qui vint procéder aux constatations. Ce magistrat était affligé d'un embonpoint exagéré. Cependant, esclave de son devoir, il n'hésita pas à s'engager en rampant dans la galerie dont nous avons parlé et qu'il remplissait presque entièrement. Il arriva jusqu'aux cadavres, sans beaucoup de difficultés, mais quand il voulut revenir sur ses pas, cela lui fut impossible. On dut lui prêter secours, et l'on eut toutes les peines du monde à le retirer intact de la malencontreuse galerie, cela se fit aux dépens de son pantalon qui ne revit le jour qu'à l'état de lambeaux.

LES TÊTES DE CHATS

Une autre découverte de têtes coupées - en quantité considérable - fut faite en 1896, dans le puits à eau d'une propriété particulière située à peu de distance du théâtre de l'Odéon, par deux naturalistes que passionnait l'étude de la faune cavernicole. Le puits en question est maçonné dans l'épaisseur de la carrière qu'il traverse forcément pour atteindre la nappe d'eau existant à quelques mètres en contrebas. Une ouverture de quelques décimètres de côté, sorte de fenêtre d'aérage pratiquée dans la maçonnerie, permet d'examiner, de la galerie, l'intérieur du puits. Nos deux amis qui exploraient tous les puits situés sur leur chemin s'aperçurent avec stupéfaction que celui-ci était rempli de crânes. Il y en avait des centaines à coup sûr, des milliers peut-être... mais, hâtons-nous de le dire, c'étaient des crânes de chats! Plusieurs générations de matous, représentés par leurs têtes décharnées, reposaient dans cette oubliette: tous ceux des environs de l'Odéon et tous ceux du Luxembourg, tous ceux de Saint-Sulpice et tous ceux du Panthéon, les angoras et les chats de gouttières, semblaient s'être réunis là pour dormir leur dernier sommeil. Les deux chercheurs se creusèrent longtemps la cervelle pour découvrir la raison de cet empilement extraordinaire de crânes de félins; ils étaient sur le point de donner leur langue aux chats, lorsqu'un beau jour tout s'expliqua. En examinant le plan des carrières de la région on s'aperçut que le puits en question s'ouvrait sur la cour d'un restaurant jadis renommé pour ses gibelottes!

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